[ philo91 ]

Publié le mardi 30 juin 2009

[ Mardi 30 juin 2009 ]

L'école traditionaliste P91

Pour Guénon et ses continuateurs, la tradition n'a pas une origine humaine et peut être considérée comme un ensemble de principes révélés et reliant l'homme à son origine divine.

Par-delà la diversité des formes religieuses, ils discernent une unique Tradition (avec une majuscule), que Schuon appelle une « unité transcendante ». Ils prétendent que les traditions historiquement séparées ne partagent pas seulement la même origine divine mais sont basées sur les mêmes principes métaphysiques, parfois appelés philosophia perennis.

@

@

La redécouverte de la Sophia Perennis

@

L'auteur français, René Guénon (1886-1951) fut en un sens le pionnier de la redécouverte de cette Philosophia Perennis ou mieux Sophia Perennis au XXe siècle.

Sa thèse, largement partagée par les principaux auteurs pérennialistes qui lui ont succédé, est que les religions abrahamiques ont une structure associant exotérisme et ésotérisme.

L'exotérisme, aspect extérieur de la religion, est constitué par les rites religieux et une théologie morale ainsi que dogmatique. Le point de vue exotérique est caractérisé par sa nature « sentimentaliste », plutôt que purement intellectuelle et demeure essentiellement limité. Fondé sur la doctrine de la création et la dualité qui en découle entre Dieu et sa création, l'exotérisme n'offre pas de moyens de transcender les limites de l'état humain. Le but en est uniquement le salut religieux que Guénon définit comme un état de perpétuelle béatitude dans un paradis céleste.

Dans la vision Traditionaliste, l'ésotérisme est plus que le complément de l'exotérisme, l'esprit par opposition à la lettre, le noyau par rapport à la coquille. L'ésotérisme a — du moins de jure — une autonomie totale par rapport à la religion car sa substance fondamentale est la Tradition Primordiale elle-même. Fondé sur la pure métaphysique — par laquelle Guénon entend une connaissance suprarationnelle du Divin, une gnose, et non un système rationnel ou un dogme théologique — son but est la réalisation des états supérieurs de l'être et finalement l'union entre l'individu et le Principe. Guénon appelle cette union l'« identité suprême ».

Par le Principe, Guénon et Schuon entendent davantage que le dieu personnel de la théologie exotérique : l'Essence supra-personnelle, l'Au-delà de l'Être, l'Absolu à la fois complètement transcendant et immanent à la manifestation. Selon eux l'essence fondamentale de l'individu est non-différent de l'Absolu lui-même. Guénon se réfère ici aux concepts védiques Brahma (Principe), Atma (Soi) et Moksa (Délivrance). Cette référence n'est pas accidentelle ou circonstancielle : Pour Guénon, le Sanathana Dharma hindou représente en fait « l'héritage le plus direct de la Tradition Primordiale ». Plus généralement, les grandes traditions de l'Asie (Advaita Vedanta, Taoisme et Bouddhisme mahayana) ont un rôle paradigmatique dans ses écrits. Il les considère comme l'expression la plus rigoureuse de la pure métaphysique, cette sagesse supra-formelle et universelle n'étant néanmoins en elle-même ni orientale ni occidentale.

Au contraire des religions sémitiques, ces religions asiatiques n'ont pas de structure ésotérisme/exotérisme qui n'est apparue que plus tard dans le cycle historique, dans une époque de décadence spirituelle grandissante, où la grande majorité des gens n'étaient plus « qualifiés » pour comprendre les vérités métaphysiques et les possibilités transcendantes de l'état humain.

@

La critique de la modernité

@

Pour Guénon, dans La Crise du monde moderne, la fin de ce processus de dégradation est la modernité elle-même, en laquelle se manifestent les pires possibilités du Kali Yuga. Guénon appelle aussi notre époque le Règne de la Quantité, parce que l'homme et le cosmos sont de plus en plus déterminés, ontologiquement parlant, par la matière. La tragédie du monde occidental depuis la Renaissance est, selon lui, qu'il a perdu presque tout contact avec la Sophia Perennis' et le Sacré. En conséquence, dans le contexte occidental, il est virtuellement impossible pour une âme en quête de spiritualité de recevoir une initiation valable et de suivre un chemin ésotérique.

@

La voie initiatique

@

Bien qu'il ait milité dans ses premiers ouvrages pour une restauration de l'« intellectualité » traditionnelle en Occident sur la base du catholicisme et de la Franc-maçonnerie, il est clair que Guénon a rapidement abandonné cette idée. Ayant dénoncé les leurres de la théosophie et l'occultisme, deux influents mouvements florissants à cette époque, Guénon fut initié en 1912 dans l'ordre Shadhili et partit au Caire en 1930 où il passa le reste de sa vie comme musulman Soufi. À ces nombreux correspondants, il désignait clairement le soufisme comme la forme la plus accessible de tradition initiatique pour les occidentaux désireux de trouver ce qui n'existe plus en Occident : une voie initiatique de connaissance (Jnana or Gnose), comparable à la Advaita.

@

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_traditionaliste

[ publié par jeromet le 2009-06-30 09:58:36 ]

[Permalien]   [ Ajouter un commentaire ] [ ]



Un blogue Actualité / Politique / Société par Mon Blogue.com